Votre association publie. Informe. Partage. Envoie des newsletters.
Et pourtant, au moment de recruter des bénévoles, de mobiliser des donateurs ou de remplir un événement, il ne se passe pas grand-chose.
Et si votre problĂšme nâĂ©tait pas un manque de communication⊠mais une communication qui ne provoque rien ?
Beaucoup dâassociations produisent des contenus sans savoir prĂ©cisĂ©ment ce quâelles attendent des personnes qui les lisent.
Or communiquer ne consiste pas seulement Ă raconter ce que lâassociation fait. Il faut donner envie de sâarrĂȘter, de comprendre et, surtout, dâagirđ„.
Sinon, votre communication devient du bruit. MĂȘme lorsquâelle parle dâune cause essentielle.
đ©Communiquer ne consiste pas Ă parler de son association
Beaucoup dâassociations commencent par se demander ce quâelles vont publier.
Une actualitĂ© ? Une photo de lâĂ©quipe ? Le compte rendu dâun Ă©vĂ©nement ? Une nouvelle prĂ©sentation de leurs actions ?
La premiĂšre question devrait pourtant ĂȘtre diffĂ©rente : Quâattendons-nous de la personne qui recevra ce message ?
Souhaitons-nous quâelle dĂ©couvre une cause, quâelle comprenne mieux un enjeu, quâelle sâinscrive, quâelle devienne bĂ©nĂ©vole ou quâelle fasse un don ?
Ces objectifs ne nĂ©cessitent ni le mĂȘme message, ni le mĂȘme format, ni le mĂȘme canal.
La communication ne commence donc pas par le choix entre Instagram, LinkedIn, une newsletter ou une plaquette. Elle commence par une intention précise.
AprĂšs avoir dĂ©couvert votre contenu, quâest-ce que la personne doit comprendre ? Que doit-elle ressentir ? Et que doit-elle faire ?
Si vous ne savez pas rĂ©pondre Ă ces questions, votre contenu nâest probablement pas encore prĂȘt Ă ĂȘtre diffusĂ©.
Pourquoi montrer ce que l’action change
Les associations ont naturellement tendance à parler de leurs activités :
Notre association a organisĂ© samedi une distribution alimentaire avec lâaide de 25 bĂ©nĂ©voles. Merci Ă toutes les personnes prĂ©sentes.
Lâinformation est correcte. Mais elle reste centrĂ©e sur lâorganisation et son fonctionnement. Le mĂȘme Ă©vĂ©nement peut ĂȘtre racontĂ© autrement :
Samedi matin, 184 personnes sont reparties avec de quoi préparer plusieurs repas.
DerriÚre chaque sac distribué, il y avait aussi quelques minutes de conversation, un café partagé et parfois le premier échange de la journée. 25 bénévoles ont rendu cela possible. Il nous en manque encore huit pour assurer les prochaines distributions.
Le second message ne se contente pas de raconter une activitĂ©. Il montre son utilitĂ©, donne Ă voir une rĂ©alitĂ© humaine et propose une maniĂšre dâagir.
Câest lâune des principales transformations Ă opĂ©rer dans la communication dâune association : ne plus seulement expliquer ce que vous faites, mais montrer ce que votre action change.
« Nous avons organisé 40 ateliers » décrit une activité.
« 120 personnes ont pu retrouver un accompagnement régulier » commence à montrer un résultat.
Les chiffres donnent de la crédibilité. Les histoires, les témoignages et les situations concrÚtes permettent de comprendre ce que ces chiffres représentent réellement.
Une communication forte réunit les deux.
đ© Pourquoi tant de communications associatives restent-elles invisibles ?
La premiĂšre raison est simple : beaucoup de messages veulent parler Ă tout le monde.
Une association peut avoir plusieurs publics â bĂ©nĂ©voles, donateurs, adhĂ©rents, partenaires, bĂ©nĂ©ficiaires ou Ă©lus â mais un mĂȘme contenu peut difficilement sâadresser efficacement Ă chacun.
Ă force de vouloir nâexclure personne, on produit souvent un message si gĂ©nĂ©ral quâil ne touche vĂ©ritablement personne.
Autre difficulté : les associations confondent parfois une actualité interne avec une information intéressante pour leur public.
Une visite, une rĂ©union ou une signature de convention peuvent ĂȘtre importantes pour lâorganisation. Mais pour rendre cette actualitĂ© intĂ©ressante, il faut expliquer ce quâelle va changer : quelle action va-t-elle permettre ? Quel besoin pourra ĂȘtre mieux couvert ? Qui va concrĂštement en bĂ©nĂ©ficier ?
Enfin, de nombreuses associations publient sans construire de continuité.
Un jour, elles prĂ©sentent un Ă©vĂ©nement. Le lendemain, elles partagent une photo dâĂ©quipe. Quelques semaines plus tard, elles lancent un appel aux dons.
Chaque contenu peut ĂȘtre utile, mais lâensemble ne raconte aucune histoire et ne conduit nulle part.
Une bonne communication ne repose pas seulement sur la qualité de chaque publication. Elle repose sur la progression créée entre elles.
đ©Communication et collecte : deux sujets qui ne devraient jamais ĂȘtre sĂ©parĂ©sÂ
Dans beaucoup dâassociations, la communication et la collecte de fonds avancent encore chacune de leur cĂŽtĂ©.
LâĂ©quipe communication prĂ©sente la mission, valorise les actions et anime les rĂ©seaux sociaux. Pendant que lâĂ©quipe collecte prĂ©pare les mailings, les campagnes digitales et les appels aux dons.
Deux Ă©quipes, deux calendriers et parfois deux maniĂšres diffĂ©rentes de raconter lâassociation.
Puis, au moment de lancer une campagne, on demande soudainement au public de donner.
Câest une erreur.
Une campagne de collecte ne commence pas le jour oĂč lâon ajoute un bouton âJe donneâ.
Elle commence bien avant, lorsque lâassociation aide progressivement son public Ă comprendre le problĂšme, Ă dĂ©couvrir la rĂ©ponse proposĂ©e et Ă croire dans sa capacitĂ© Ă produire un changement.
Un tĂ©moignage peut rendre une situation concrĂšte. Une actualitĂ© de terrain peut dĂ©montrer lâutilitĂ© de lâassociation. Un rĂ©sultat peut renforcer la confiance. Une explication peut permettre au futur donateur de mieux comprendre ce que son soutien financera.
Lâappel au don devient alors la suite logique du rĂ©cit, et non une interruption commerciale dans la communication habituelle.
Prenons un exemple simple.
- La premiĂšre semaine, lâassociation montre un besoin rencontrĂ© sur le terrain.
- La deuxiÚme, elle explique comment ses équipes y répondent.
- La troisiÚme, elle donne la parole à une personne concernée.
- La quatriĂšme, elle montre ce quâun don supplĂ©mentaire permettrait de rĂ©aliser.
Ces contenus ne sont plus indépendants. Ils construisent un chemin : comprendre, croire, ressentir, puis agir.
Le plan de communication et le plan de collecte ne devraient donc jamais ĂȘtre Ă©crits dans deux bureaux diffĂ©rents.
La communication prĂ©pare la mobilisation. La collecte propose une maniĂšre concrĂšte de sâengager. Puis la communication montre ce que cet engagement a rendu possible.
đ© Quels canaux choisir pour votre association ?
Une association nâa pas besoin dâĂȘtre prĂ©sente partout.
Elle doit ĂȘtre prĂ©sente lĂ oĂč se trouvent les personnes quâelle souhaite mobiliser et sur les canaux quâelle est rĂ©ellement capable dâalimenter.
 đ Le site internet constitue souvent le socle principal. Une personne qui dĂ©couvre lâassociation doit pouvoir y comprendre rapidement sa mission, ses actions, ses rĂ©sultats et les diffĂ©rentes maniĂšres de sâengager.
Les rĂ©seaux sociaux permettent de montrer le terrain, les personnes et les coulisses. Mais chaque plateforme rĂ©pond Ă des usages diffĂ©rents. LinkedIn peut ĂȘtre particuliĂšrement pertinent pour toucher des partenaires et des mĂ©cĂšnes. Facebook reste efficace pour certaines communautĂ©s locales. Instagram permet de donner Ă voir les actions et les visages.
đŹ La newsletter est Ă©galement un outil prĂ©cieux. Elle permet de construire un rendez-vous direct avec des personnes qui ont dĂ©jĂ manifestĂ© leur intĂ©rĂȘt. Elle ne devrait pas ĂȘtre seulement une compilation dâactualitĂ©s, mais un vĂ©ritable contenu capable de raconter, dâexpliquer et de mobiliser.
Les supports imprimés, les événements et les relations avec la presse locale restent eux aussi trÚs efficaces. Tout ne se joue pas en ligne.
La question nâest donc pas : « Sur quels canaux devons-nous ĂȘtre prĂ©sents ? »
Mais plutĂŽt : Quel rĂŽle chaque canal doit-il jouer dans le parcours de nos publics ?
Une personne peut dĂ©couvrir votre association grĂące Ă un article, visiter votre site, sâinscrire Ă votre newsletter, participer Ă un Ă©vĂ©nement puis faire un don plusieurs mois plus tard.
Votre communication doit rendre ce chemin possible.Â
đ© Construire un plan de communication simple et rĂ©aliste
Un bon plan de communication nâa pas besoin de contenir cinquante pages. Il doit surtout vous aider Ă faire des choix.
Commencez par observer la situation actuelle. Votre mission est-elle bien comprise ? Quels contenus fonctionnent ? Quels publics avez-vous du mal à toucher ? Combien de temps pouvez-vous réellement consacrer à la communication ?
Définissez ensuite une priorité.
Une association peut vouloir gagner en notoriĂ©tĂ©, recruter des bĂ©nĂ©voles, convaincre des partenaires et collecter davantage. Mais elle ne peut pas toujours poursuivre tous ces objectifs en mĂȘme temps.
Imaginons une petite association locale qui souhaite recruter vingt bĂ©nĂ©voles avant lâhiver.
Son message principal ne devrait pas ĂȘtre :
DĂ©couvrez notre association et lâensemble de nos activitĂ©s.
Il pourrait devenir :
Quelques heures de votre temps peuvent permettre à des personnes de votre ville de ne pas rester seules face à leurs difficultés.
Lâassociation pourra ensuite organiser sa communication autour de ce message : montrer le besoin, expliquer la mission des bĂ©nĂ©voles, partager le tĂ©moignage de lâun dâentre eux, puis proposer une rĂ©union de dĂ©couverte.
Ce calendrier ne sera pas seulement une succession de dates. Il crĂ©era une progression vers lâobjectif.
Les petites associations nâont pas besoin de publier chaque jour ni dâĂȘtre prĂ©sentes sur cinq plateformes. Un objectif clair, quelques messages solides et un ou deux canaux rĂ©guliĂšrement entretenus peuvent suffire.
La régularité ne signifie pas communiquer en permanence. Elle signifie maintenir un lien cohérent dans la durée.
đ© Communication association : mesurer ce qui compte vraiment
Le nombre dâabonnĂ©s, les impressions ou les mentions « Jâaime » peuvent donner des indications, mais ils ne suffisent pas Ă Ă©valuer une communication.
Une publication peut ĂȘtre trĂšs vue sans provoquer aucune action.
Ă lâinverse, une newsletter reçue par une petite communautĂ© engagĂ©e peut gĂ©nĂ©rer plusieurs inscriptions, candidatures bĂ©nĂ©voles ou dons.
Les indicateurs doivent donc dĂ©pendre de lâobjectif.
Si vous cherchez Ă faire connaĂźtre votre association, vous pouvez regarder lâĂ©volution des visites sur le site ou le nombre de nouvelles personnes touchĂ©es.
Si vous souhaitez mobiliser, les inscriptions, les candidatures, les réponses et les participations seront plus significatives.
Pour une campagne de collecte, vous suivrez notamment les dons, le taux de conversion, le montant moyen et le nombre de nouveaux donateurs.
Avant de publier, posez-vous trois questions
Il nâest pas nĂ©cessaire que chaque contenu soit spectaculaire. Mais chaque contenu doit avoir une raison dâexister. Avant de le diffuser, vĂ©rifiez simplement trois choses :
đ Que doit comprendre la personne ?
Votre idĂ©e principale doit ĂȘtre claire, concrĂšte et comprĂ©hensible par quelquâun qui ne connaĂźt pas votre association.
đ Que doit-elle ressentir ?
Votre message doit lui permettre de percevoir pourquoi le sujet est important, sans exagération ni misérabilisme.
đ Que doit-elle faire ?
Lâaction proposĂ©e doit ĂȘtre simple : sâinformer, rĂ©pondre, sâinscrire, partager, devenir bĂ©nĂ©vole ou faire un don.
Une communication associative réellement efficace relie ces trois dimensions. Elle ne se contente pas de transmettre des informations.
Elle permet Ă une cause dâĂȘtre comprise, Ă une rĂ©alitĂ© de devenir visible et Ă chacun de dĂ©couvrir la place quâil peut prendre.
Car une association ne communique pas seulement pour ĂȘtre vue. Elle communique pour donner envie dâagir.
Compris ?Â
Si vous avez des questions ? On attend votre message : ophelie@cometsens.net â sylvain@cometsens.net Â
Et vous, quelle est votre expĂ©rience dans la communication associative ? Faites-nous part de vos commentaires.Â
Par Sylvain Sismondi
Consultant communication et fundraising COM&SENS
Pour aller plus loin :
> Un épisode de notre podcast Youtube « Le fundraising décomplexé » : « Urgence permanente en association : comment un fundraiser peut reprendre le contrÎle ? »
> Notre Newsletter associĂ©e sur Substack (une mine dâinformations et conseils pour les fundraisers de tous niveaux)
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